ROI ? Oui, oui, on parle bien de « return on investment ». Autrement dit : avant de le payer, un recruteur a envie de savoir combien un candidat va lui rapporter. Autant en tenir compte dans votre CV, quel que soit votre profil…

Ne pas confondre CV et fiche de poste
C’est un conseil qu’il répète volontiers. « On explique souvent aux candidats de ne pas se présenter comme de simples exécutants », explique Philippe Hemmerlé, directeur de CVFirst. Pour cet expert, spécialisé dans la réécriture de CV, un écueil classique consiste à décrire ses compétences techniques attendues par le recruteur. « Le souci, c’est que le CV ressemble ensuite davantage à une fiche de poste impersonnelle qu’à une candidature qui puisse vraiment sortir du lot. Les phrases utilisées pour décrire ses fonctions précédentes sont souvent très vagues et marquent rarement les esprits. Tout futur employeur connaît déjà le métier pour lequel il recrute et sera surtout intéressé par les contributions majeures qu’un candidat a apportées à ses employeurs précédents et par les résultats concrets qu’il a obtenus. » Et peu importe le nombre d’années d’expérience : c’est un conseil que Laurence Guichard adresse aussi à ses jeunes diplômés. « Pour moi l’essentiel est de ne pas asséner de vérité dans un CV, observe la responsable orientation et projets professionnels au Pôle Léonard de Vinci. À chaque fois que l’on énonce une promesse, il faut essayer d’apporter des preuves de ce que l’on avance. »

Mettre en avant ses résultats
« Il est indispensable pour un recruteur de disposer d’éléments concrets pour lui permettre d’évaluer la valeur ajoutée qu’un candidat aura pour l’entreprise », poursuit Philippe Hemmerlé. Ce dernier cite ainsi l’exemple d’un profil de responsable de réseau commercial. « Il pourra donner un ordre d’idées du chiffre d’affaires généré ou encore mettre en avant sa stratégie de sélection des partenaires, ses méthodes d’incentive, sans oublier la qualité de son réseau. Le CV doit pouvoir répondre à quelques questions. Qu’avez-vous apporté dans vos missions précédentes grâce à vos actions personnelles ? En utilisant quels moyens ? En clair, quelle est votre valeur ajoutée ? Il faut absolument donner des résultats mesurables et immédiatement appréciables permettant d’évaluer sa performance individuelle et la richesse de son profil. »

Créer du chiffre
« On attend de plus en plus un retour sur investissement sur les CV, confirme Lauren Bardebes, directrice des ressources humaines chez FlixBus. « Un recruteur a besoin de pouvoir imaginer l’impact du futur collaborateur, c’est-à-dire concrètement ce qu’il a apporté dans ses missions précédentes. » Et pas besoin d’avoir forcément un profil de commercial ou d’avoir décroché moult contrats pour cela. « Même si on ne cherche pas un profil de financier, il y a quand même des chiffres qui nous parlent. Tout est alors question de perspective. Pour un poste de manager ou dans les ressources humaines, on pourra être sensible à combien de personnes recrutées ou formées par exemple. »

Donner envie au recruteur d’investir sur le candidat
Malgré tout, il n’est pas toujours évident de chiffrer ses réussites, notamment en début de carrière. Laurence Guichard en convient et invite les jeunes diplômés à valoriser aussi leur savoir être. « Au-delà de la quantité d’argent généré, c’est le leadership qui est important. Un candidat peut aussi glisser des expressions marquantes comme « en toute autonomie » dans la description de missions qui lui ont été confiées. Le contexte est important. S’il s’agit d’un travail en équipe, on précisera le nombre de personnes impliquées et les délais impartis et tenus. On peut ainsi transmettre une idée de leadership et des capacités d’encadrement d’équipes. On peut aussi préciser s’il s’agissait d’une mission en période de soldes ce qui laisse sous-entendre la capacité à gérer des tensions avec le client. »

Ne négliger aucune rubrique
Sur la forme, le candidat pourra aussi adopter une approche projet dans la rubrique dédiée à l’expérience. « Pour chaque expérience, on détaille ainsi ce que l’on a été capable de réaliser en termes d’augmentation du chiffre d’affaires ou autre. » Mais Laurence Guichard conseille également de ne pas négliger les autres rubriques. « Nous avons par exemple développé dans notre pôle un département dédié aux « soft skills » davantage axés sur les qualités relationnelles que les « hard skills » qui désignent des compétences plus techniques. C’est un plus dans une rubrique formation, à condition que ce soit étayé par des projets pluridisciplinaires déjà finalisés ou un engagement associatif. »